Les couvertures de Jean-Jacques Sempé pour le New Yorker

de 1982 à 2018

A cat sitting on a dining room chair

A cat sitting on a dining room chair

 

Tête de chat dans l'entreporte

Tête de chat dans l'entreporte

 

Couple riding bicycles on a bike path

Couple riding bicycles on a bike path

 

The Fourth of July

The Fourth of July

 

Happy New Year

Happy New Year

 

Luxurious Quiet and Cosy

Luxurious Quiet and Cosy

 

Early Morning Downtown

Early Morning Downtown

 

Birds Watching

Birds Watching

 

A man walking in the woods

A man walking in the woods

 

The Piano Lesson

The Piano Lesson

 

Simple Physics

Simple Physics

 

Higher Still

Higher Still

 

Together

Together

 

Springtime

Springtime

 

Future Memories

Future Memories

 

The Joys and Torments of Solitude

The Joys and Torments of Solitude

 

Reading Group

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Jean-Jacques Sempé (né en 1932)

Jean-Jacques Sempé, dit Sempé, né le 17 août 1932 à Pessac (France), près de Bordeaux, est un dessinateur humoriste français. Ses dessins humoristiques ont été publiés entre autres dans Sud Ouest, L'Express, Le Figaro, Le Nouvel Observateur, Télérama, Le Moustique, Le Rire, Noir et Blanc, Ici Paris, Paris Match et bien d'autres.

« Il m'est arrivé de devenir, par moments, raisonnable mais jamais adulte. » C'est avec cette idée qu'il deviendra l'illustrateur des aventures du Petit Nicolas dont l'auteur est René Goscinny.

Enfance

« Mon enfance n'a pas été follement gaie. Elle était même lugubre et un peu tragique », confie Sempé dans un entretien avec Marc Lecarpentier. Enfant naturel, son « père adoptif », « monsieur Sempé », est représentant de commerce. Quand celui-ci, à bicyclette, réussit à vendre dans les épiceries de sa ville natale ses boîtes de pâté, thon, sardines, anchois ou bocaux de cornichons, il va « fêter ça au bistrot du coin ». Lorsqu'il rentre, de terribles scènes s'enclenchent entre son père et sa mère, « ils cassent tout, encore une fois, les assiettes, les verres… » et sa demi-sœur et son demi-frère ont des « crises de nerfs ».

« Toute ma vie – d'enfant – j'ai entendu ma mère faire des reproches à mon père sur le fait qu'il ne trouvait pas de travail autre que le misérable boulot qu'il avait. […] C'était toujours des bagarres, toujours des disputes, toujours des dettes, toujours des déménagements en vitesse. »

L'enfant solitaire présente un relatif bégaiement qui l'empêche de prononcer certains mots, et des tics. L'école, où il se montre chahuteur mais bon en français, est un « refuge ». Ses parents n'ayant pas d'argent pour acheter les livres, il n'en a pas, fréquente les colonies de vacances mais n'a pas d'argent non plus pour les sorties organisées. La radio lui assure également une « survie ». Il y apprend que l'on peut s'exprimer d'une autre façon que dans son milieu. Il y écoute, vers six ans, l'orchestre de Ray Ventura qui l'enchante, est fasciné plus tard par Aimé Barelli ou Fred Adison. Vers onze ans il lit des romans policiers, Maurice Leblanc, une collection de L'Illustration, des journaux féminins tels que Confidences auxquels les voisines de sa mère sont abonnées, tout ce qu'il trouve - ce qui lui permet de ne plus faire de fautes d'orthographe, parce qu'il veut s'en sortir, gagner sa vie, donner de l'argent à ses parents. C'est vers douze ans qu'il commence à réaliser des dessins sans légende, d'emblée humoristiques.

Face à son enfance Jean-Jacques Sempé garde ainsi une attitude ambiguë, des souvenirs de la dureté de sa mère et de ses « torgnoles », de la honte qu'il éprouvait quand elle « se mettait à hurler », jusqu'à ceux de certains « fous rires », quand il se disait : « Je suis chez les fous ! Ils sont complètement fous. » Des décennies plus tard il résume :
« Mes parents ont fait ce qu'ils ont pu les pauvres, vraiment. Je ne leur en veux pas une seconde, ils se sont débrouillés comme ils ont pu. »

Les débuts de sa carrière

Jean-Jacques Sempé quitte l'école à un peu plus de quatorze ans, étant resté deux ans sans y aller, pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu'il était dans les Pyrénées. Il trouve un emploi de livreur à bicyclette, pendant un an et demi, et est en 1950 représentant en dentifrice en poudre puis courtier en vin. Il commence à cette époque sa carrière de dessinateur humoristique dans la presse en plaçant quelques dessins en 1950 dans Sud Ouest qu'il signe d'abord « DRO », de l'anglais « to draw » (dessiner). Dans le numéro du 29 avril 1951, il publie son premier dessin sous son nom. Peu après, il s'engage dans l'armée en falsifiant ses papiers pour masquer son jeune âge. Affecté dans la région parisienne en juillet 1951, il se retrouve souvent en prison militaire, plus par distraction, dit-il, que par indiscipline.

« Quand je suis arrivé à Paris, j'ai trouvé les Parisiens très gais. Je venais de Bordeaux où les gens n'étaient pas naturellement souriants. J'ai été tout de suite enchanté par le métro, les autobus, la fièvre de la ville. Et surtout j'ai fait beaucoup de vélo. Pendant trente ans, je suis allé partout en bicyclette. »

En 1954, Sempé fait une rencontre décisive, René Goscinny. Dans les bureaux d’une agence de presse belge, la World Press, située sur les Champs-Élysées les deux jeunes auteurs font connaissance et se lient d’amitié. Auréolé par ses années new-yorkaises, bilingue et toujours élégant, René Goscinny impressionne le jeune Bordelais.

« C’était mon premier ami parisien, autant dire mon premier ami », racontera Sempé.

Tous deux travaillent entre autres pour l'hebdomadaire belge Le Moustique, qui publie leurs dessins en couverture et sous forme de feuilletons. Sempé esquisse un petit personnage sous la forme d’un éphémère dessin en une case, qu’il intitule Nicolas, et dont le nom est inspiré par une publicité du célèbre caviste. Sollicité par le rédacteur en chef pour en faire une bande dessinée, Sempé, peu inspiré par cet exercice, propose naturellement à son ami René Goscinny (déjà scénariste de Lucky Luke) d'en écrire le scénario. Mais l’aventure ne durera pas et s’arrête à la vingt-huitième planche. Goscinny est licencié par l’éditeur du journal pour avoir réclamé une meilleure reconnaissance des auteurs, et Sempé, solidaire, s’en va lui aussi. Trois ans plus tard, Sud-Ouest Dimanche passe une commande aux deux auteurs qui, reprenant leur Petit Nicolas, lui donnent cette fois-ci la forme d’un conte illustré.

« Il (Goscinny) arriva avec un texte dans lequel un enfant, Nicolas, racontait sa vie, avec ses copains qui avaient tous des noms bizarres : Rufus, Alceste, Maixent, Agnan, Clotaire… Le surveillant général était surnommé Le Bouillon. C’était parti : René avait trouvé la formule » expliquera Sempé.

Le duo met ses souvenirs d’enfance en partage. Les textes de Goscinny sont illustrés de trois ou quatre dessins de Sempé. Le 29 mars 1959 paraît la première histoire du Petit Nicolas tel qu’il deviendra célèbre. C’est l’acte de naissance du célèbre écolier. La femme d’un éditeur parisien (Denoël) ayant vu plusieurs de ces épisodes dans le journal pendant ses vacances, conseille à son mari de prendre contact avec Sempé et Goscinny. Cinq albums sont publiés. A quelques mois d’intervalle, la même année, René Goscinny crée Astérix avec le dessinateur Albert Uderzo. Dès le premier numéro de Pilote en octobre 1959, Goscinny publie Le Petit Nicolas qui paraît aux côtés d’Astérix. En presque dix années de collaboration, Goscinny écrit 222 histoires illustrées par environ mille dessins de Sempé. À partir de 2004, les Histoires inédites du Petit Nicolas, publiées chez IMAV éditions par Anne Goscinny, fille du scénariste, remportent un succès jamais atteint par cette série, ce qui fera dire à Sempé : « Le Petit Nicolas est indémodable car lorsque nous l’avons créé il était déjà démodé. »

« Le Petit Nicolas, c’est d’abord une histoire d’amitié. Il ne l’aurait jamais fait sans moi, mais le plus important, c’est que moi je ne l’aurais jamais fait sans lui. Nous étions de vrais complices. »

Premiers succès

En 1953, Sempé publie des dessins dans Le Rire, Noir et Blanc, Ici Paris, en 1954 pour Samedi soir mais aussi France Dimanche. Dans les années suivantes vient le succès avec des collaborations régulières à Paris Match, sur la proposition de Roger Thérond, avec ses amis Chaval et Bosc (1956). Il collabore également à Pilote (1960) et, à l’étranger, à Punch et Esquire (1957).

De 1965 à 1975, Françoise Giroud l'invite à L'Express, auquel il donne chaque semaine ses dessins et dont il est durant une quinzaine de jours l'« envoyé spécial » aux États-Unis en 1969. Il collaborera également au Figaro, au Nouvel observateur et, plus régulièrement dans les années 1980, à Télérama qui chaque été publie en avant-première l'un de ses albums.

Durant cette période il fréquente le « Tout-Paris » chez Lipp, au Café de Flore, à La Closerie des Lilas, Chez Castel, dans les clubs de jazz et au jardin du Luxembourg, se lie d'amitié avec Françoise Sagan, Jacques Tati, Jacques Prévert et Savignac, mais aussi Simone Signoret, Brigitte Bardot, Brigitte Fontaine ou Anémone.

La consécration

En 1978, Sempé réalise sa première couverture pour le New Yorker, célèbre magazine culturel américain. Il en créera plus d'une centaine par la suite. Le 29 décembre 2014, sous la plume de Mina Kaneko et Françoise Mouly, le même magazine lui rend hommage en publiant en ligne une sélection de ses couvertures sous le titre Cover Story : Jean-Jacques Sempé's Dancers.

Dans les années 1980, il s’installe place Saint-Sulpice puis à Montparnasse.

Après le succès du Petit Nicolas, à partir de 1962 (avec Rien n'est simple), Sempé publie presque chaque année un album de dessins chez Denoël, quarante jusqu'en 2010. Le Petit Nicolas est présent dans plus d'une quarantaine de pays, et ses albums de dessins d'humour dans une vingtaine, parmi lesquels l'Allemagne, le Brésil, la Chine, la Corée, les États-Unis, la Grèce, l'Italie, le Japon, la Lettonie et la Russie.

En juin 2014, la Monnaie de Paris lance une nouvelle émission d’euros en argent et en or pour la série les Valeurs de la République : dessinée par Sempé, elle évoque les valeurs républicaines que sont la liberté, l'égalité et la fraternité, complétées par la valeur universelle qu’est la paix. Le dessinateur a choisi de placer cette série sous le signe de la balade à vélo, qui symbolise pour lui la liberté :
« Le vélo, c'est un moyen simple d'être libre. Vous lâchez les mains du guidon, et vous voilà libre d'aller où bon vous semble. »


le petit Nicolas

 

le petit Nicolas saute dans une flaque

Renan Luce

On n'est pas à une bêtise près

On n’est pas à une bêtise près
Faisons la et voyons après
Tu verras qu’un saut dans une flaque
Ca vaut bien toutes les paires de claques

On n’est pas à une bêtise près
Faisons la et voyons après
Tu verras qu’sonner aux portes
Et s’enfuir avant qu’on sorte
Ca vaut l’coup

Mes bonnes bêtises
J’m’en souviendrais toujours
A croire qu’y’avait un concours
Du truc le plus interdit
A faire un mercredi

Mes bonnes bêtises
Elles ne sont pas si loin
J’revois encore le coin
J’y grattais pendant un bail
La peinture qui s’écaille

Notre poésie c’était peinard
Et sans corbeau et sans renard
Qu’on l’écrivait
A grands coups d’pieds dans un ballon
Une vitre en moins j’prends du galon
Je grandissais

On n’est pas à une bêtise près
Faisons la et voyons après
Tu verras qu’un saut dans une flaque
Ca vaut bien toutes les paires de claques

On n’est pas à une bêtise près
Faisons la et voyons après
Tu verras qu’sonner aux portes
Et s’enfuir avant qu’on sorte
Ca vaut l’coup

Les bonnes bêtises
C’était entre copains
Qu’importe si t’étais rupin
On était tous l’égal
D’notre frangin de mandale
Mais les bonnes bêtises
On a beau les faire en bande
Y’a une règle dans la truande
C’est à celui qui s’y colle
Qu’il arrive des bricoles

Ma plus belle fable sans aucun doute
Celle du crapaud et du mammouth
Qui explose
Depuis que j’l’ai touchée au lance-pierre
Ma p’tite sœur garde une paupière
Mi-close

On n’est pas à une bêtise près
Faisons la et voyons après

Tu verras qu’un saut dans une flaque
Ca vaut bien toutes les paires de claques

On n’est pas à une bêtise près
Faisons la et voyons après
Tu verras qu’sonner aux portes
Et s’enfuir avant qu’on sorte
Ca vaut l’coup

On n’est pas à une bêtise près
Faisons la et voyons après
Tu verras qu’un saut dans une flaque
Ca vaut bien toutes les paires de claques

On n’est pas à une bêtise près
Faisons la et voyons après
Tu verras qu’sonner aux portes
Et s’enfuir avant qu’on sorte
Ca vaut l’coup

Musique : On n'est pas à une bêtise près - Renan Luce - 2,52 Mo - 2 mn 56 :

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Image de fond de la page : Bicyclettes et VTTs


 

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